Repères et point marchés

Bilan macroéconomique et marchés - 3ème trimestre 2026

Dans un environnement contrasté, entre résilience des marchés et incertitudes, Adrien ROSER livre son analyse du troisième trimestre et les convictions de la Direction des Investissements.

Repères & point marchés
 

Adrien ROSER

 

 

 

 


Adrien ROSER
Investissements & Gestion Actif Passif
Abeille Assurances

Le troisième trimestre a été marqué par une nette remontée des taux d'intérêt à long terme. Celle-ci s'explique par la persistance des tensions inflationnistes, des besoins de financement élevés, un environnement géopolitique dégradé, mais aussi par une croissance plus dynamique qu'attendue.

Les marchés actions ont néanmoins bien résisté, soutenus par la croissance des bénéfices des entreprises, tandis que les actifs obligataires les plus sensibles aux variations de taux ont davantage souffert.

1. Contexte macroéconomique

L'économie mondiale a poursuivi sa progression au troisième trimestre, malgré un environnement devenu plus exigeant.

  • Aux États-Unis, la croissance est restée vigoureuse, à plus de 2 % en rythme annualisé, soutenue par la consommation, l'investissement des entreprises et les dépenses liées à l'intelligence artificielle. L'inflation est toutefois demeurée supérieure à l'objectif de la Réserve Fédérale (FED).
     
  • En Europe, l'activité a également progressé, mais à un rythme plus modéré, autour de 1 % en rythme annualisé. Elle est néanmoins restée relativement bien orientée au cours du trimestre.
     
  • Le regain de tensions au Moyen-Orient a toutefois assombri cet environnement, entraînant une hausse d'environ 40 % du prix du baril de Brent (baril de pétrole extrait principalement de gisements situés en mer du Nord, qui sert de prix de référence pour une grande partie du pétrole échangé dans le monde) sur le trimestre. Ce choc énergétique a ravivé les risques pesant sur l'inflation et le pouvoir d'achat.
     
  • Face à la persistance des pressions inflationnistes, la Réserve fédérale américaine (FED) et la Banque centrale européenne (BCE) ont relevé leurs taux directeurs de 25 points de base en septembre (0,25 %), conformément aux anticipations des marchés.
     
  • En parallèle, le niveau élevé des déficits publics, la hausse des besoins de financement des États et les incertitudes politiques ont accentué les tensions sur les taux d'intérêt à long terme.

2. Impact sur les marchés

  • Des marchés actions globalement résistants

Malgré la remontée des taux réels, les marchés actions ont globalement poursuivi leur progression, soutenus par la résilience de l'économie américaine, l'amélioration de l'activité en Europe et des résultats d'entreprises supérieurs aux attentes. Cette dynamique a profité aux marchés américain et européen, tandis que les marchés français, japonais et chinois ont terminé le trimestre en baisse.
Aux États-Unis, les grandes valeurs ont principalement été soutenues par la technologie et l'intelligence artificielle, tandis que les valeurs pétrolières ont bénéficié de la hausse des prix de l'énergie. Cette forte dispersion sectorielle s'est traduite par une progression de 16 % de l'énergie et de 6 % de la technologie.
À l'inverse, les petites capitalisations, l'immobilier coté et les segments les plus sensibles aux taux ont davantage souffert.
La progression des grands indices masque donc des évolutions très contrastées.

 

  • Un ajustement marqué sur les marchés de taux

La remontée des rendements souverains (taux des emprunts d'états) a nettement pénalisé les marchés obligataires, en particulier les obligations de long terme, plus sensibles aux variations de taux.
Le taux américain à dix ans a terminé le trimestre autour de 5,2 %, en hausse de 72 points de base (0,72 %).
En France, l'OAT dix ans a atteint 4,8 %, après une progression plus marquée de 112 points de base (1,12 %), alimentée par les incertitudes politiques et budgétaires.
L'écart avec l'Allemagne s'est ainsi creusé de 45 points de base (0,45 %) sur le trimestre.

 

  • Un marché du crédit plus résilient sur les segments courts et rémunérateurs

La remontée des taux a particulièrement pesé sur le crédit Investment Grade (crédit de haute qualité), dont la duration (échéance de remboursement) plus élevée accentue la sensibilité aux mouvements des taux souverains. 
À l'inverse, le High Yield (obligations à haut rendement) a mieux résisté grâce à des coupons plus élevés et à une duration plus courte. Moins directement exposé aux incertitudes politiques et budgétaires, le crédit sur les pays émergents a également fait preuve de résilience. 
Dans l'ensemble, les segments offrant un portage (rendement attendu) attractif et une moindre sensibilité aux taux ont donc mieux résisté.

 

  • Une demande de protection toujours présente

L'or a progressé de près de 4 % sur le trimestre, soutenu par les incertitudes géopolitiques et les achats des banques centrales émergentes, malgré la remontée des taux réels. Dans le même temps, le niveau élevé des taux américains a contribué à renforcer l'attrait du dollar auprès des investisseurs.

3. Lecture de la Direction des Investissements

  • Zone euro : renforcer la sélectivité entre les pays et les émetteurs dans un environnement politique et budgétaire incertain, notamment en France, tout en modérant la sensibilité aux taux. L'évolution des taux souverains restera un point de vigilance majeur à l'approche du scrutin présidentiel.
     
  • Actions : l'appétit des investisseurs demeure solide, mais les marchés pourraient être davantage pénalisés par la hausse des taux si la dynamique des bénéfices venait à ralentir, notamment dans les secteurs liés à l'intelligence artificielle. Les publications de résultats du troisième trimestre seront déterminantes pour confirmer les attentes. Dans ce contexte, il convient de maintenir une exposition diversifiée, tant sur le plan géographique que sectoriel, au-delà des grandes valeurs technologiques et pétrolières. Le calendrier politique américain du quatrième trimestre 2026 pourrait ponctuellement alimenter la volatilité.
     
  • Crédit : la sélectivité des émetteurs et la maîtrise de la sensibilité aux taux restent de mise. Dans ce cadre, le crédit à duration courte (échéance de remboursement courte) et le High Yield (crédit haut rendement) européen peuvent présenter des opportunités ciblées, grâce à un portage attractif et une moindre sensibilité aux taux.
     
  • Or et dollar : des taux réels durablement élevés et le possible soutien apporté au dollar par la politique monétaire américaine pourraient limiter le potentiel de l'or, malgré ses qualités de diversification.

Le bon conseil

Face aux incertitudes et aux écarts de performance, une approche sélective, agile et bien diversifiée restera indispensable pour saisir les opportunités de marché.

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Données arrêtées au 30 septembre 2026 – Rédaction achevée le 14 octobre 2026.