Repères et point marchés - Avril 2026

Bilan du 1er trimestre 2026 et perspectives

Adrien Roser revient sur le premier trimestre de l'année et les perspectives à venir.

Repères & point marchés
 

Adrien Roser

 

 

 

 


Adrien Roser
Investissements & Gestion Actif Passif
Abeille Assurances

Un premier trimestre marqué par deux phases distinctes

Un bon début d'année : janvier et février globalement porteurs

Les deux premiers mois de l'année ont été caractérisés par une dynamique constructive des marchés actions et obligataires, dans un contexte où l'or a également progressé, traduisant à la fois un appétit pour les actifs risqués et un besoin de diversification. Les anticipations de croissance mondiale sont restées bien orientées et la poursuite des investissements liés à l'intelligence artificielle a continué de soutenir certains segments, tout en accentuant la différenciation entre les modèles économiques capables de transformer ces investissements en rentabilité durable.

Cette phase s'est accompagnée d'un environnement favorable sur plusieurs zones géographiques, notamment en zone euro, au Japon et sur les marchés émergents, qui ont bénéficié à la fois de conditions financières plus accommodantes, d'un contexte politique plus lisible et de niveaux de valorisation relativement attractifs.

Dans ce contexte, la sélectivité et la diversification ont été des facteurs clés de performance. Les segments plus exposés aux risques de disruption technologique, en particulier dans les logiciels, ont connu des parcours plus heurtés, tandis que les entreprises disposant d'actifs tangibles, de positions concurrentielles solides et d'une bonne visibilité sur leurs flux ont été privilégiées. Cette lecture s'inscrit globalement dans le cadre des perspectives 2026 évoquées lors de notre communication de début d'année.

Le mois de mars : un choc temporaire plus qu'un retournement de tendance

L'escalade des tensions au Moyen-Orient et les perturbations observées dans le détroit d'Ormuz ont entraîné une hausse rapide des prix de l'énergie et un ajustement des marchés financiers en mars. Les actifs qui avaient bien débuté l'année ont fait l'objet de prises de bénéfices, dans un mouvement relativement généralisé.

Contrairement à d'autres phases de tensions observées par le passé, l'or n'a pas joué un rôle de soutien durant cet épisode et a également corrigé, reflétant principalement un mouvement de réduction globale des expositions.

Les marchés obligataires, bien que pénalisés par la remontée des taux d'intérêt, ont néanmoins fait preuve d'une résilience relative, soutenue par la solidité des fondamentaux et par le matelas de sécurité offert par le portage.

Si ces tensions devaient se prolonger, elles pourraient peser ponctuellement sur la croissance et l'inflation, sans pour autant remettre en cause le scénario central à ce stade.

Une sensibilité différenciée entre zones géographiques

L'épisode énergétique a mis en lumière des différences de sensibilité entre régions.

La zone euro, relativement dépendante des importations de pétrole et de gaz transitant par le détroit d'Ormuz, apparaît plus sensible à ce type d'évènement, en matière d'inflation et de croissance à court terme.

À l'inverse, les États-Unis, désormais exportateurs nets d'énergie, disposent d'une capacité d'absorption plus importante, limitant l'impact macroéconomique direct de la hausse des prix de l'énergie.

Le Japon et les marchés émergents, bien orientés en début d'année, restent également dépendants de l'évolution du dollar et des flux internationaux, ce qui renforce la nécessité d'une approche géographique diversifiée.

Banques centrales, inflation et résultats au centre de l’attention

Face à cet environnement, les banques centrales ont adopté une posture mesurée. La Réserve fédérale américaine temporise, et se montre dépendante des données économiques. La BCE n'a, à ce stade, pas signalé de changement significatif de cap, mais demeure attentive et prête à agir en cas d'impact marqué sur l'inflation.

Les négociations en cours et le cessez le feu certes fragile en Iran, renforcent la probabilité d'un impact inflationniste transitoire. Cela tend à conforter le scénario central, même si les prochaines publications d'inflation, de croissance ainsi que les résultats des entreprises constitueront des points de suivi essentiels dans les mois à venir.

Perspectives 2026 : continuité, sélectivité et diversification

Les perspectives pour la suite de l'année demeurent, dans l'ensemble, inchangées. L'année 2026 confirme celle d'une transition plus sélective, dans un environnement géopolitique incertain, avec une croissance mondiale attendue proche de 3,0%. Après le choc lié au conflit en Iran, la désinflation devrait se poursuivre progressivement, malgré une remontée récente des anticipations d'inflation. Les banques centrales n'interviendront qu'en cas de nécessité avérée, dans un contexte de politiques monétaires moins coordonnées.

Aux États-Unis, la croissance devrait être supérieure à 2%, avec un leadership sectoriel plus diffus, même si les thématiques liées à l'IA et à l'automatisation continueront d'influencer les marchés. Les niveaux de valorisation relativement élevés appelleront toutefois à une discipline accrue dans les investissements.

En zone euro, la reprise devrait rester graduelle avec une croissance proche de 1%, soutenue par des valorisations plus raisonnables et un portage redevenu plus attractif sur le crédit, tout en demeurant sensible à l'environnement politique et énergétique. L'OAT devrait évoluer entre 3,40% et 3,90%.

Le Japon et les marchés émergents pourraient continuer de bénéficier de leur bonne dynamique intrinsèque, sous réserve d'un environnement de change et de flux internationaux plus stable.

Le bon conseil

En cas de normalisation du conflit, les marchés actions pourraient retrouver une dynamique favorable, tandis que le crédit propose aujourd'hui des rendements plus attractifs.
Une approche diversifiée et flexible est essentielle.

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