Repères et point marchés - Janvier 2026
Quelles perspectives pour 2026 ?
Adrien Roser, revient sur l'année 2025 et les perspectives à venir.


Adrien Roser
Investissements & Gestion Actif Passif
Abeille Assurances
Rétrospectives 2025
L'année a été marquée par un environnement économique contrasté, entre résilience américaine, faiblesse européenne, tarifs douaniers et tensions géopolitiques persistantes. Malgré cela, les marchés ont globalement affiché une très bonne tenue, soutenus par la technologie, le portage obligataire et des publications de résultats d'entreprises supérieures aux attentes.
Un début d'année chahuté par les tensions commerciales
L'année 2025 a démarré dans une atmosphère incertaine.
Aux États-Unis, la Réserve Fédérale a adopté une posture attentiste face à une économie encore robuste mais en proie aux tensions inflationnistes.
En Europe, la Banque centrale européenne a maintenu sa stratégie d'assouplissement pour accompagner notamment la baisse de l'inflation.
La véritable rupture est toutefois venue de l'annonce de nouveaux droits de douane américains début avril, déclenchant une brusque montée de la volatilité, une dépréciation du dollar et une correction boursière. La confiance ne s'est rétablie qu'à la fin du mois, lorsque Washington a suspendu les hausses les plus pénalisantes. Cette volte face a immédiatement relancé les flux vers les actifs risqués et ouvert la voie à un rebond puissant des marchés actions.
Un printemps de redressement porté par les résultats d'entreprises et les flux obligataires
À partir de mai, les marchés ont renoué avec une dynamique plus solide. Les résultats des entreprises ont surpris positivement, offrant un socle fondamental à la reprise.
Les États-Unis ont continué de dominer la performance mondiale grâce à la technologie et à l'essor spectaculaire des investissements liés à l'intelligence artificielle. Cette vigueur a toutefois soulevé des interrogations croissantes sur la capacité du secteur à convertir ces dépenses massives en profitabilité.
L'Europe a fait un bond en avant dans son repositionnement stratégique, notamment via un vaste plan de renforcement industriel et de défense salué par les investisseurs. Cette annonce a entraîné une hausse des taux longs, tandis que la Banque centrale européenne a poursuivi la réduction de ses taux directeurs jusqu'à atteindre 2%. Cette détente de la politique monétaire a fait reculer les taux courts, et l'écart ainsi créé entre taux longs et taux courts a naturellement conduit à une pentification de la courbe des taux.
Les marchés émergents ont également capté des flux d'investissements grâce à la baisse du dollar et des perspectives de rendement attractives.
Le marché du crédit d'entreprise a continué à délivrer cette année : malgré des spreads de crédit resserrés, le portage toujours attractif et la bonne santé financière des émetteurs ont attiré d'importants flux d'investissement.
Un été sous influence géopolitique mais des marchés toujours résilients
L'été a été marqué par une combinaison de signaux rassurants et de fragilités persistantes.
Aux États-Unis, la Réserve fédérale a repris progressivement son cycle de baisse des taux suite à des chiffres d'emplois plus contrastés, tout en soulignant son hésitation face aux données brouillées par le long arrêt du gouvernement fédéral en octobre et novembre.
La relation commerciale entre Washington et Pékin s'est stabilisée grâce à la prolongation d'une trêve tarifaire, évitant une nouvelle escalade sur les échanges et donnant de l'oxygène aux chaînes d'approvisionnement.
En Europe, les incertitudes politiques ont continué de freiner la confiance, en particulier en France, où les remaniements successifs et les débats budgétaires ont perturbé le marché obligataire domestique faisant monter l'OAT 10 ans à un niveau de 3,60% fin 2025 contre 3,20% fin 2024. Malgré cela, les actions européennes ont bien progressé, soutenues par une amélioration graduelle des perspectives macroéconomique et d'une volonté des investisseurs internationaux de dédollariser leurs expositions.
Une fin d'année plus sélective, dominée par les interrogations sur l'intelligence artificielle
En fin d'année, les investisseurs sont devenus plus exigeants.
Les valeurs technologiques américaines, qui avaient alimenté la majeure partie du rebond, ont fait face à un regain de nervosité lié aux doutes sur la soutenabilité des investissements dans l'intelligence artificielle.
Dans un contexte géopolitique complexe ponctué de choc de volatilité, les investisseurs se sont alors tournés vers les segments offrant davantage de visibilité.
Les actifs obligataires de qualité offrant davantage de stabilité et un portage attractif ont ainsi retrouvé une place centrale dans les allocations.
L'or a profité de la faiblesse du dollar et des risques mondiaux, consolidant son statut de valeur refuge.
Les pays émergents ont bénéficié d'un sentiment plus constructif, renforcé par la détente du billet vert et par la recherche de diversification.
Perspectives 2026
2026 s'annonce comme une année de transition plus sélective, marquée par une croissance mondiale résiliente de l'ordre de 2,7% proche de celle de 2025, une désinflation qui devrait se poursuivre sans s'accélérer, et une thématique de l'IA porteuse mais sous surveillance.
Du coté des banques centrales, il pourrait y avoir moins d'alignement que l'an dernier. La Réserve fédérale américaine devrait rester accommodante et dépendante des statistiques économique, la BCE sera proche du statu quo, et la BOJ devrait quant à elle légèrement relever ses taux.
Aux États-Unis
Aux États-Unis, une croissance de 2% est envisagé.
Le leadership sectoriel sera probablement moins concentré, même si les thèmes liés à l'IA et à l'automatisation continueront d'alimenter les évolutions des grands indices boursiers. Les valorisations exigeantes appelleront à toujours plus de discipline dans la sélection, tandis que la faiblesse du dollar pourrait continuer d'alimenter les flux vers les actifs émergents, européens ou japonais.
En zone euro
En zone euro, la reprise restera progressive avec une croissance attendue à 1,2% en progression par rapport à l'an dernier grâce à des améliorations conjoncturelles et des conditions financières plus favorables.
En privilégiant la sélectivité et la qualité, le crédit bénéficie toujours d'un portage attractif. Les entreprises européennes présentent des niveaux de valorisation boursière plus raisonnables et moins de volatilité sur la rentabilité des investissements dans l'IA.
En revanche, elles seront sensibles à l'environnement politique : la trajectoire française, en particulier, sera déterminante pour la perception du risque souverain et la capacité à attirer durablement de nouveaux investisseurs. L'OAT devrait osciller entre 3,40% et 3,80%, selon l'ampleur de la transmission du plan de relance allemand dans l'économie, de l'évolution du contexte politique européen, ainsi que la capacité de l'amélioration conjoncturelle observée en fin d'année à se confirmer durablement.
Dans les marchés émergents
Les marchés émergents pourraient bénéficier de la poursuite de la baisse du dollar, de l'amélioration graduelle des conditions financières mondiales et de banques centrales plus crédibles que par le passé.
Le discernement restera clé afin d'éviter les risques associés aux régimes politiques instables ou aux devises vulnérables.
Principaux risques et principales opportunités
Principaux risques : une désinflation qui dérape, une instabilité politique européenne persistante et des tensions géopolitiques susceptibles de perturber les chaînes d'approvisionnement et le prix des matières premières. Également la rentabilité des investissements dans l'intelligence artificielle.
Principales opportunités : des marchés actions soutenus par une croissance robuste des résultats d'entreprise, la baisse de taux prévue aux États-Unis, des gains de productivité des entreprises liés à la généralisation de l'utilisation de l'AI et un environnement réglementaire plus favorable.
Le bon conseil
Dans un environnement géopolitique toujours incertain, adopter une approche d’investissement diversifiée et flexible reste essentiel.
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Votre conseiller Albéa Patrimoine est à votre disposition pour vous accompagner dans vos choix d'investissement selon vos objectifs et votre situation.